J’ai été victime d’un agent conversationnel sur un site de rencontre. Je l’admets sans détour — j’aurais préféré ne pas me faire manipuler.
Cet “être informatique” s’identifiait sous le nom de Samira Deschamps et se présentait sous le pseudo azerty_af sur Meetic.
C’est un exemple édifiant de ce que peut déployer un site payant pour retenir sa clientèle — et de la facilité avec laquelle on peut se faire avoir quand les instincts prennent le dessus sur l’esprit critique.
Le procédé : le robot se présente sur le site de rencontre et rédige un e-mail sympathique, avec quelques fautes bien placées pour plus de réalisme. Évidemment, il glisse une demande de contact sur MSN. Au cours des échanges suivants, la demande est systématiquement réitérée — toujours avec les fautes qui vont bien.
Une recherche rapide offrait un accès à un profil Facebook simple mais alléchant : http://www.facebook.com/samira.deschamps.10
À partir du moment où l’adresse MSN est fournie, l’agent disparaît du site de rencontre et commence ses conversations sans queue ni tête sur le chat.
Avec le recul, c’est un cas d’école fascinant. Un bot rudimentaire, des réponses décousues, un profil fabriqué de toutes pièces — et pourtant ça marche. Ça marche parce que la solitude et l’espoir font baisser la garde. C’est une leçon d’humilité : personne n’est à l’abri d’une manipulation bien ciblée, même quand on se croit trop malin pour tomber dans le panneau.
En 2013, c’était un chatbot sur Meetic. Aujourd’hui, avec les LLMs, ces agents sont infiniment plus convaincants. La question n’est plus de savoir si on peut être trompé — c’est de savoir combien de temps avant qu’on s’en rende compte.

1 comment
bravo agent conversationnel ,ou est la vérité dans tous çà ,du virtuel ,il va falloir sexpliquer sur l’argent
francis